Charte sur l’utilisation des médias sociaux par les centres communautaires bruxellois
Introduction : La situation actuelle
Les centres communautaires bruxellois favorisent la cohésion sociale dans la grande ville. Par leurs activités et leur fonctionnement, les centres (GC) mettent en lien des personnes, des groupes et des communautés.
Il devient de plus en plus évident que les objectifs des centres communautaires s’opposent fondamentalement à ceux des plateformes commerciales de médias sociaux. Les algorithmes à la base de plateformes comme Facebook et Instagram renforcent la polarisation et enferment les gens dans des bulles isolées. De plus, les politiques de ces plateformes vont à l’encontre du principe de non-discrimination, un principe que les centres communautaires défendent dans leurs statuts. Par exemple, Meta a récemment modifié ses directives sur les discours haineux : dans les nouvelles règles, il est littéralement donné comme exemple qu’il est permis de qualifier les personnes LGBTQIA+ de malades mentaux sur leurs plateformes.
Dans le même temps, il semble parfois impossible de couper les liens avec ces plateformes. Au fil des années, les réseaux sociaux comme Instagram et Facebook sont devenus une composante essentielle du mix de communication, y compris pour les centres communautaires. La peur de perdre la communauté (en ligne) empêche beaucoup d’entre nous de tourner le dos à ces écosystèmes numériques.
Notre idéal pour l’avenir
Cette charte a été rédigée pour regarder au-delà de ce qui semble impossible à court terme. Elle a pour but d’encourager une réflexion critique sur l’usage des médias sociaux et d’évaluer la stratégie de communication des centres communautaires.
Notre idéal est de devenir totalement indépendants des entreprises qui agissent en contradiction avec nos principes. Pour atteindre cet objectif, nous devons dès aujourd’hui entamer les premières étapes vers une moindre dépendance aux grandes plateformes sociales. De cette façon, nous donnons l’exemple et nous emmenons notre communauté vers des espaces en ligne nouveaux et plus éthiques.
À partir de maintenant :
- Nous adoptons une approche plus consciente de l’utilisation de Facebook et Instagram. Nous ne continuons pas à publier comme avant, mais évaluons dans quels cas une publication sur les réseaux sociaux apporte une réelle valeur ajoutée.
- Chaque centre a une dynamique spécifique. Chaque centre décide donc avec son équipe de la manière d’aborder cette transition, à son rythme et en fonction de ses objectifs de communication.
- Les publicités payantes sur Facebook, Instagram, WhatsApp ou X (Twitter) sont exclues. Nous ne payons pas pour augmenter la visibilité de notre contenu.
- Chaque publication sur Facebook ou Instagram est désormais accompagnée d’une mention qui renvoie vers d’autres canaux de communication.
À plus long terme :
- Nous continuons à suivre l’évolution sociétale autour des médias sociaux.
- Nous expérimentons de nouvelles plateformes et partageons nos expériences entre centres.
- Nous gardons à l’esprit le cœur du problème : la polarisation fait partie intégrante du modèle économique de Meta. Notre présence sur ces plateformes est en contradiction avec nos intentions en tant que centres communautaires.
Pourquoi ne pas quitter Facebook et Instagram immédiatement ?
- Parce que nous voulons volontairement y maintenir une voix dissidente, avec une communication inclusive et fédératrice.
- Parce que nous souhaitons continuer à atteindre les membres de notre communauté qui ont difficilement accès à d’autres canaux.
- Parce que nous voulons emmener progressivement notre public vers de nouveaux espaces, en ligne et hors ligne. Nous le faisons étape par étape, pour que chacun se sente invité à nous suivre.
Entre-temps, ont signé cette charte : GC De Linde, GC De Maalbeek, GC De Markten, GC De Platoo, GC De Rinck, GC Elzenhof, GC Essegem, GC Everna, GC Kontakt, GC Nekkersdal, GC Nohva, GC Op-Weule, GC Ten Noey & GC Pianofabriek.